Affaire matricules et affectations illégales : les ministres concernés font machine arrière

Quarante-huit (48) numéros matricules ont été décernés à la fonction publique par arrêté numéro 1077/MFP/RA du 13 juin 2019 portant nomination de certains agents dans le cadre de l’éducation. Il semble que tout n’ait pas été fait dans les règles de l’art puisque les décisions prises à cet effet, ont été abrogées ce lundi 02 décembre 2019.

En juin dernier, pendant de nombreuses semaines cette décision de nomination jugée illégale par les syndicats du secteur de l’enseignement, a fait l’objet de vives réactions de leur part. Les internautes s’en sont eux donnés à cœur joie via les réseaux sociaux notamment. Les commentaires pointaient de doigt la Ministre de la fonction publique et son compère des enseignements supérieurs pour avoir généreusement octroyé des numéros matricules à des proches, parents, amis et connaissances en violation de toutes les lois et règlements portant nominations des enseignants, Pis, ces nominations l’ont été au détriment de centaines enseignants qui après des années de bons et loyaux services, attendaient ce geste depuis 2015.

Le pot-aux-roses a été découvert et son caractère illégale avéré car tous ceux qui figuraient sur l’arrêté de nomination de juin, ne figurent pas sur l’arrêté no 3006/MFP/RA du 11 novembre 2015 portant sélection de 2133 enseignants contractuels pour le compte du MES et ne remplissent pas les critères pour cette nomination. Le support de cette régularisation serait un arrêté modifiant l’article premier de l’arrêté 3006, pris le 1er avril 2016.

C’était un scandale inacceptable pour les enseignants, auquel s’est ajouté la décision ‘’portant affectation de certains enseignants nouvellement engagés’’ par le ministre des enseignements secondaires vient finalement d’être découvert.

Les sélectionnés n’obéissaient pas aux critères de compétence pour assurer la fonction enseignante au niveau secondaire. Après vérification, il est établi que cette liste de 48 agents est composée des enfants d’une ministre en fonction, ses proches et militants de son parti politique. Suite aux maintes dénonciations et plaintes sur la toile, les décisions prises ont été abrogée par les mêmes ministres responsables de cette forfaiture. Par décision N° 0027 du lundi 2 décembre 2019, le ministre de l’enseignement secondaire, M. Mohamed Senoussi Elh Samro et Mme Kaffa Crystelle Jackou par arreté N° 2377 ont tous les deux annulés leurs décisions antérieures. On devine aisément d’où est venue la pression.

Au-delà d’une simple annulation comme si de rien n’était, les responsables de cette sombre affaire qui n’honore pas le secteur éducatif national doivent être entendus devant les juridictions comme dans tout Etat de droit. Avec ce genre d’agissements, on s’étonne encore du piètre rang occupé par le Niger dans les classements mondiaux en matière d’éducation.  

La Haute autorité de la lutte contre la corruption et infractions assimilées (HALCIA) est interpellée et doit pouvoir porter un regard plus insistant sur cette affaire.

Almoustapha Danguida pour Niameyinfo.

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