« Si on avait eu ce genre de séances d’information dans nos pays, beaucoup d’entre nous, n’auraient pas pris autant de risques pour aller en Europe »

Ces paroles sont celles d’un jeune migrant d’origine béninoise, qui le samedi 05 octobre dernier à Niamey, a pris part à la « Journée de sensibilisation sur la migration irrégulière et les alternatives pour une migration légale », organisée par le « Projet Migrants en route » porté au Niger par l’ONG Aide à l’Information Communautaire sur les Migrants (AICM).   

On ne l’y reprendra plus, la traversée du désert, la volonté de rallier par tous les moyens l’Europe, Sama Abdoul Razak, en a fini avec ça, « c’est bon, c’est bon, je compte rentrer chez moi maintenant », lâche-t-il avec un sourire qui cache les tribulations subies ces derniers mois dans sa quête de rallier l’Espagne en passant par le Niger et l’Algérie. Le périple du jeune homme de 27 ans, ingénieur agronome de formation qui dit-il « voulait aller en Europe trouver un boulot, rassembler des sous et revenir investir au pays dans l’agriculture », s’est arrêté à Alger-ville.

Lui, qui voulait rentrer en Espagne en passant par le Maroc, n’ira pas plus loin que la capitale algérienne. Traqué par la police locale au cours de rafles, dont l’une aura vu, selon son témoignage, quatre jeunes migrants africains décéder, Sama Abdoul Razak finira par être arrêté et détenu dans un centre de rétention où il passera trois jours enfermé et malnutri. C’est au cours de son rapatriement avec un groupe de migrants qu’il réussira à s’enfuir et à rejoindre Tahoua. Là, il sera pris en charge par le bureau local de l’OIM avant d’être transféré à l’antenne de Niamey.

Sa présence à la Journée de sensibilisation organisée par le Projet migrants en Route est selon lui, une aubaine. La conviction qu’il s’était déjà fait de ne plus jamais retenter cette aventure, vient d’être renforcée à travers les informations reçues. « Si dans nos pays, on avait eu ce genre de séances d’information dans nos pays, beaucoup d’entre nous, n’auraient pas pris autant de risques pour aller en Europe », confie, Abdoul Razak. Il promet même qu’au retour dans son pays, il sensibiliserait son entourage sur les dangers et risques de la migration irrégulière.

En effet, tout comme lui, c’est le manque d’informations et le fait de se faire miroiter l’Eldorado européen qui poussent des milliers de jeunes africains à tenter le coup au péril de leurs vies. C’est là qu’intervient le « Projet migrants en route » qui se veut une campagne de sensibilisation avec pour cibles, les migrants potentiels et ceux en transit au Niger, sur les conséquences néfastes de la migration irrégulière, tout en proposant des alternatives pour une migration légale.

Ce samedi, ils étaient une cinquantaine conviée dans les locaux de l’AICM à Niamey. Originaires pour la plupart de pays d’Afrique Subsaharienne à savoir le Libéria, le Mali, le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Cameroun, la République Centrafricaine, ils étaient attentifs aux informations données par les Conseillers du projet Migrants en Route. Le coordonnateur-pays, Yasser Aboubakar insiste là-dessus, « Le projet Migrant ne décourage pas les jeunes, mais plutôt, leur donne des informations fiables, qui leur permettront à mieux se conformer à la régularité, pour une migration dans la dignité, sans souffrance aucune et sans crainte ni peur ». C’est dans cette optique que dans sa présentation, Mahamadou Madani Moussa, Responsable de l’équipe de Niamey, a fait ressortir les différentes politiques d’asile et d’immigration en Europe mais aussi les alternatives légales à la migration irrégulières notamment les opportunités de bourses et autres formations professionnelles pour les migrants.

Outre cette rencontre avec les migrants, le Projets Migrants en route, mène sa mission de sensibilisation à travers des conseillers de bouche à oreille, présents à Niamey, Agadez et Zinder mais aussi via un site web, d’une page Facebook et de deux lignes d’assistance téléphonique en Français, Anglais, Arabe, Haoussa, Jerma et Tamachek pour toucher le plus de cibles.

Waliyullah Tajudeen pour Niameyinfo.

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