Rejet de la liberté provisoire des activistes : Amnesty international dénonce un musellement de la société civile

Au grand dam de leurs avocats et de leurs proches, la justice nigérienne a rejeté mardi, en appel, la demande de mise en liberté provisoire des trois acteurs de la société civile emprisonnés depuis le 15 mars dernier alors qu’ils manifestaient pour que des poursuites soient engagées dans l’affaire d’audit au Ministère de la Défense. Maikoul Zodi, Moudi Moussa et Mounkaila Halidou resteront donc en prison dans l’attente de leur procès.

Cette fois-ci ne sera pas la bonne non plus. La chambre d’accusation de la Cour d’Appel de Niamey a, à nouveau rejeté la demande de mise en liberté provisoire formulée par le collège d’avocats des acteurs de la société civile Maikoul Zodi (Tournons la page -TLP Niger), Mounkaila Halidou (ROTAB) et Moudi Moussa (TLP Niger). Les trois hommes sont en prison depuis plus de trois mois pour des chefs d’accusation portant sur la «participation à un rassemblement non autorisé, complicité de dégradation de biens publics, incendie volontaire et homicide avec circonstances atténuantes ». 

Amnesty International qui réclame leur libération depuis des mois, n’a pas caché sa déception à l’annonce du rejet de la Cour d’Appel. L’organisation de défense des droits de l’homme, laisse entendre que les charges retenues contre les trois activistes n’ont été « fabriquées » que dans le seul but « de faire pression sur la société civile et de les décourager à parler d’incidents qui sont d’intérêts publics comme le scandale des achats militaires » a réagi Ousmane Diallo, chercheur à Amnesty International (AI).

Alors même que les autres personnes arrêtées dans les mêmes circonstances le 15 mars dernier, ont été relâchées, Maikoul Zodi, Moudi Moussa et Mounkaila Zodi sont eux, détenus loin de leurs familles respectivement à la prison de Ouallam (à 100 km de Niamey), à la prison de Kollo (35 km de Niamey) et au camp pénal de Daikaina (111 km de Niamey). AI déplore cette situation et rappelle que le Comité contre la Torture a exhorté les autorités des pays comme le Niger à libérer de manière provisoire les détenus qui ne présentent pas de risques pour la société en raison de la pandémie de la COVID-19. Tout comme Amnesty International, de nombreuses ODDH nigériennes militent pour la libération des trois activistes et entendent se mobiliser pour obtenir gain de cause.

Rappelons que dans une toute autre affaire l’opposant aux fils du Chef de l’Etat, l’activiste et journaliste Samira Sabou est elle aussi emprisonnée depuis plusieurs semaines.

Waliyullah Tajudeen pour niameyinfo.

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