Niger/Coalitions et alliances en vue de la présidentielle : les candidats montrent leurs muscles !

Annoncée pour démarrer le 05 décembre prochain, la campagne électorale en vue des élections générales au Niger, risquent de donner lieu à de belles démonstrations de force. C’est en tout cas ce que veulent faire savoir les candidats en lice pour la présidentielle en affichant avec tambours et fanfares, les coalitions qu’ils ont formé en vue de la joute électorale. Courant semaine dernière, c’est le candidat investi du MPR Jamhuriya, Albadé Abouba qui officialisait un regroupement de 15 partis pour l’accompagner dans la conquête de la magistrature suprême, suivi dans la foulée par le porte-flambeau du parti au pouvoir, PNDS Tarraya, Mohamed Bazoum qui quant à lui, se targue du soutien de 45 formations politiques avec pour objectif, l’occupation du fauteuil présidentiel.

C’est à qui montrera le plus ses muscles.  Les candidats en lice pour les élections présidentielles du 27 décembre 2020, se livrent à un véritable bras de fer à distance alors même que la campagne électorale n’a pas été officiellement lancée.  En témoigne une cérémonie en grande pompe qui a vu  45 partis politiques se regrouper au sein d’une coalition, avec pour objectif de soutenir la candidature de l’ancien Ministre de l’Intérieur, Mohamed Bazoum, candidat investi du Parti Nigérien pour la Démocratie et le Socialisme (PNDS- Tarayya). Dénommée « Coalition Bazoum 2021 », elle a été rendue publique le samedi 21 novembre dernier, à Niamey. Elle est notamment composée d’une quarantaine de partis politiques de la Mouvance présidentielle et des non-alignés. La signature de la déclaration portant naissance de cette coalition est intervenue au cours de ladite cérémonie qui s’est déroulée au palais de congrès de Niamey.

Au cours de cette cérémonie, les leaders de partis constituant cette coalition sont passés tour à tour, pour apposer leurs signatures sur le document fondateur de ce nouveau regroupement politique. Le document de déclaration portant la signature des partis membres, a été officiellement remis à  Bazoum Mohamed, sous un tonnerre d’acclamations, par le doyen d’âge, Sanoussi Tambari Djakou, président du parti PNA AL’OUMMA, membre de la nouvelle coalition.  « Je vais mériter votre confiance, de la même manière que le Président Issoufou Mahamadou a mérité votre confiance et la confiance de la nation toute entière », a déclaré le candidat du PNDS-Tarayya, leader de cette nouvelle coalition.

Cette coalition ne sera pas la seule sur le terrain. Une autre s’est formé autour de la candidature du n°1 du MPR Jamhuriya, Albadé Abouba. Composée cette fois-ci de 15 partis politiques, elle vise aussi à porter l’ancien Ministre de de l’Agriculture et de l’Elevage, aux portes de la « Maison Verte ».  C’est au siège de son parti, que l’ancien ministre d’Etat, qui avait confirmé son appartenance à la MRN, lors de sa démission du Gouvernement, en octobre dernier, a reçu les leaders de ces 15 partis politiques qui étaient présents pour réaffirmer leurs soutiens à sa candidature pour les échéances électorales.

Il faut aussi noter la création déjà en septembre dernier de la Coalition pour une Alternance Démocratique (CAP20-21) composée des principaux partis de l’opposition nigérienne.  Dans la déclaration ayant accompagnée la signature du pacte électoral, ces partis membres n’ont pas économisé les critiques contre le régime de Mahamadou Issoufou. Ils ont motivé et justifié leur alliance électorale par la nécessité pour le pays de changer de mode de gestion. Cette coalition qui avait porté à sa tête Hama Amadou, candidat déclaré du Moden FA Lumana, voit ses plans contrariés avec la mise à l’écart du chef de file de l’opposition par la Cour Constitutionnelle.

Ces coalitions ne seront sûrement pas les dernières à se former dans la perspective des élections à venir. L’objectif étant de faire paraître une forme de soutien populaire. Sauf que pour de nombreux observateurs « ce n’est que de la poudre aux yeux ». Ces partis dont se targue le soutien certains candidats n’ont réellement aucune représentativité sur l’échiquier politique national, ce sont des partis qui n’existent que de nom et il s’agit pour les candidats de faire du surnombre pour justifier de leurs futurs résultats, soutiennent-ils. Mieux pour certains, ces coalitions dont les compositions ne répondent parfois à aucune forme de logique, car il n’est pas rare de voir des partis politique ayant des idéologies diamétralement opposées se regrouper pour aller à la conquête de la magistrature suprême. En réalité, poursuivent ces observateurs avisés de la scène politique nigérienne, l’unique objectif de ces regroupements, est le « partage du gâteau », une fois le pouvoir conquis. Les aspirations et revendications du peuple sont le cadet de leurs soucis. C’est à qui obtiendra le poste le plus juteux au prorata de son « engagement ». En espérant que ces élections générales de 2021, feront mentir ces observations pessimistes !!

Hamadou Moussa Fatahou pour Niameyinfo.

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