Mali: le premier syndicat du pays appelle à la grève en pleine crise politique

Au Mali, après trois jours de deuil national, mais aussi de communion nationale autour de la figure du défunt président Amadou Toumani Touré, la réalité sociale et politique reprend ses droits. L’UNTM, premier regroupement syndical du pays, a débuté ce mercredi 18 novembre trois journées de grève. Un appel à cesser le travail qui concerne tous les secteurs.

Cet appel à la grève de 72 heures ne tombe pas au meilleur moment pour les autorités de transition. Les revendications de l’Union nationale des travailleurs du Mali sont essentiellement des revendications salariales ou, en tout cas, liées aux revenus des travailleurs maliens. Yacouba Katilé, le président de l’UNTM, cite trois revendications principales : la première, le cas de ceux qu’on appelle les « travailleurs compressés ».

Des anciens salariés des entreprises d’État nationalisées 

L’UNTM demande ensuite l’harmonisation des grilles indiciaires des fonctionnaires, qui servent de base au calcul des salaires. Elle demande enfin une harmonisation des primes et indemnités accordées à certaines catégories de fonctionnaires, avec des écarts aujourd’hui très importants.

Débat sur le futur Conseil national de transition

L’idée est donc de faire en sorte que tout le monde soit logé à la même enseigne, le dirigeant syndical en fait un combat de « justice sociale ». Il explique que les autorités de transition n’ont accepté de dialoguer que trois jours avant le début de la grève, bien après le dépôt du préavis, et que ces premiers échanges se sont soldés par une fin de non-recevoir.

Ce mouvement tombe en plein dans la première vraie « crise de légitimité » pour les autorités de transition : l’installation du futur Conseil national de transition qui fait débat depuis la semaine dernière. Beaucoup de partis politiques et d’organisations de la société civile n’ont pas déposé de candidature pour ce qui sera l’assemblée législative de la transition qui doit donc représenter l’ensemble des « forces vives du Mali ». Ils accusent les militaires de vouloir se l’accaparer, de s’y octroyer trop de représentants. La manière aussi est dénoncée : trop vite, sans consultation.

Les autorités de transition n’avaient pas besoin, en plus de ces difficultés politiques, d’un conflit social tel que celui que vient de déclencher l’UNTM qui n’a d’ailleurs, de son côté, pas déposé de candidature pour le Conseil de transition. Son président précise que l’UNTM ne refuse pas, sur le principe, de siéger au sein du CNT, mais dénonce la méthode, et le trop faible nombre de représentants attribués aux syndicats. En effet, quatre sièges sur 121 y sont prévus pour l’ensemble des organisations syndicales du pays.

Les autorités de transition, qui n’ont pas répondu aux sollicitations de RFI, semblent plutôt, depuis leur arrivée, tenir leur ligne avec droiture, sans place pour les demandes des uns ou des autres. Les discussions qui ont précédé le début de la grève, sans permettre de l’éviter, en témoignent. Mais le futur Conseil national de transition servira d’Assemblée législative jusqu’à ce que des élections puissent être organisées. Pour être légitime aux yeux des Maliens, il doit donc être représentatif des forces vives du pays, syndicats inclus.

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