Loi sur l’exercice des cultes/Troubles à Maradi : et si tout était parti d’une fake news ? 

Des scènes de violences et de rixes entre forces de l’ordre et populations, ont rythmé le weekend dans la ville de Maradi à quelques 530 kms de Niamey. La raison, l’arrestation d’un leader religieux suite à des déclarations en lien avec une nouvelle loi sur l’exercice des cultes en cours d’adoption à l’Assemblée Nationale. Face à l’ampleur que prenait la situation, le Premier Ministre a convoqué dimanche une réunion de crise à laquelle a pris part, l’ensemble des associations islamiques et des leaders religieux du pays.

Réveil difficile pour les habitants de Maradi ce lundi. Il faut dire qu’ils ont connu un week-end plutôt mouvementé. Des scènes de guérilla urbaine se sont en effet déroulées dans la ville après l’arrestation samedi de l’imam Mosquée Sahaba de Zaria, Ousraz Riyadin Ishaq. Des carcasses de pneus calcinés, des rues jonchés de pierres et autres projectiles, des édifices publics et privés vandalisés, des dégâts matériels considérables et de nombreux blessés, c’est le bilan provisoire de ces dernières 24 d’affrontements. La tension est encore palpable dans la localité.

Pour calmer les esprits et en savoir plus sur les origines de ces troubles, le Chef du gouvernement a convoqué dans l’urgence une rencontre à son cabinet. Y ont pris part, des membres des associations islamiques et leaders religieux du Niger ainsi que des représentants du gouvernement dont le Ministre de l’Intérieur, Bazoum Mouhamed. Il s’agissait surtout de clarifier les incompréhensions et les fake news qui entouraient l’adoption du projet de loi sur l’exercice du culte au Niger. L’une de ces informations erronées portait sur la légalisation du mariage homosexuel qui serait contenu dans ledit texte. C’est d’ailleurs celle-ci qui a fait l’objet du sermon de l’imam arrêté, ce dernier appelant les populations à s’opposer par tous les moyens à l’adoption de la loi.

Il semble que les échanges entre le Premier Ministre et les responsables religieux ont permis aux différentes parties de se voir clarifier les zones d’ombre qui subsistaient. « Il se trouve qu’il y a un certain nombre d’incompréhensions au sujet de ce projet de loi, notamment au niveau de certaines associations islamiques qui ont sorti une déclaration », a expliqué le Ministre Yahouza, lui-même originaire de Maradi. Le membre du Gouvernement insiste sur le fait que le projet de loi a été élaboré de ma manière consensuelle : « il était clairement ressorti que ce projet de loi a été participatif, et le Ministre de l’Intérieur qui l’a initié, l’a fait suite à plusieurs réunions et ateliers entre les associations islamiques du Niger, avec des experts des pays islamiques des pays voisins et des pays arabes pour avoir des échanges d’expériences », a-t-il ajouté. « Ce texte a été tout simplement pris pour encadrer la pratique du culte dans notre pays » a-t-il dit. Par rapport à ce qui s’est passé à Maradi, il s’agit d’une incompréhension et Dieu merci, tout est rentré dans l’ordre selon le Ministre Yahouza Sadissou.

La libération du responsable religieux incarcéré devrait également contribuée à ce retour au calme à Maradi.

Waliyullah Tajudeen pour Niameyinfo.

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