Loi des Finances : le budget 2020 établi à 2.266,15 milliards de FCFA connait une hausse de 5,5%

L’Assemblée Nationale a servi de cadre le mardi 08 octobre 2019 à la présentation du projet de la loi des Finances 2020. Cette présentation a été faite par le Ministre des Finances M. Mamadou Diop en présence du président de l’Assemblée Nationale M. Ousseini Tinni, des membres du gouvernement, des parlementaires et autres personnalités.

Comme pour les exercices précédents, le projet de budget 2020, prend en compte les orientations du programme de Renaissance et les priorités et choix stratégiques définis par le gouvernement, notamment dans le plan de développement Economique et Social (PDES 2017-2021) et le Programme Economique et Financier (PEF 2017-2020) conclu avec le Fonds Monétaire International (FMI).

En prenant la parole, le Ministre des Finances, M. Mamadou Diop, a d’abord rappelé que « l’élaboration du budget de l’Etat, exercice 2020 intervient dans un contexte marqué par des défis liés à la sécurité régionale, la volatilité des cours mondiaux des matières premières et aux aléas climatiques ». 

Selon les perspectives économiques mondiales publiées en juillet par le FMI, la croissance économique globale devrait encore ralentir en 2019 pour atteindre 3,2% après 3,6% en 2018.Un fléchissement qu’il explique par l’escalade des tentions commerciales entre les Etats unis et la Chine, le durcissement de la Politique du crédit en Chine et le resserrement des conditions financières des pays avancés.  « Pour l’année 2020, la croissance globale remonterait à 3,5% » a-t-il ajouté.

Contrairement aux pays membre de l’UEMOA, l’activité économique a été dynamique avec un taux de croissance de 6,6% en 2018, porté essentiellement par la vigueur de la demande intérieure. Cette croissance est attendue à 6,7% en 2019 et resterait vigoureuse en 2020.

Au Nigeria, la croissance s’est accélérée en 2019 pour s’établir à 2,3% en lien essentiellement avec la remontée de la production du pétrole. En 2020, il est attendu une croissance de 2,6%.

Dans ce contexte, le projet de budget pour l’année 2020 est équilibré en ressources et dépenses à 2.266,15 milliards de FCFA contre 2.157,31 milliards FCFA en 2019 soit une hausse de 108,84 milliard FCFA correspondant à 5 ,05% en valeur relative. Les recettes internes sont chiffrées à 1.231,54 milliards, les ressources extérieures sont prévues à 858 ,61 milliards FCFA, les prévisions des dépenses budgétaires totales s’élèvent également à un montant de 2.266 ,15 milliards de FCFA décomposé en dette publique, dépense du personnel, dépense d’acquisition de biens et services, subventions et transfert.

Poursuivant son intervention, le Ministre des Finances a rappelé que l’activité économique nationale a enregistrée un taux de croissance de 6 ,5%, près de 4,9% en 2017. Au niveau des Finances Publiques, les recettes et les dépenses totales ont respectivement augmenté de 26,7% et de 18,8% en 2018, pour atteindre 16,7% du PIB et 29,2% du PIB. Au total le solde budgétaire global dons compris est passé de 5,7% en 2017 à 4,1% en 2018. « Pour l’année 2019, la croissance du PIB réel est attendu à 6,3% et l’inflation se situerait en dessous de la norme communautaire de 3%. Pour ce qui est des finances publiques les recettes et les dépenses ressortiraient respectivement à 16,0% et 28,9% du PIB. Le Niveau du déficit budgétaire global ressortirait a 4 ,1% du PIB en 2019 » a souligné le Ministre.

Parlant des principales hypothèses qui sous-tendent le cadrage macro-budgétaire pour l’année 2020 le Ministre a indiqué :

Au niveau international : 

-une croissance économique mondiale de 3 ,5%

-un cours moyen du pétrole brut autour de 57,4% USD par baril sur la projection ;

-un cours moyens de l’uranium qui s’établirait à 33,3% USD par livre ;

-un prix moyen de l’once d’or projeté a 1.352,9 USD ;

-un taux de change USD/FCFA moyen de 540,6

Au niveau régional :

-une consolidation de la croissance économique notamment au Nigeria ;

-une amélioration de la situation sécuritaire grâce aux actions coordonnées des Etats à travers les différentes forces multinationales engagées dans la lute conte le terrorisme notamment celle du G5 Sahel

Au niveau du plan national :

-la consolidation de la stabilité sociopolitique et de l’amélioration de la situation sécuritaire ;

-l’accélération de la mise en œuvre du PDES 2017-2021 ;

-la construction du pipeline pour l’exportation du pétrole brut à partir de l’année 2022 ;

-la construction du pipeline interne ;

-la poursuite de la mise en œuvre des investissements de l’initiative 3N, du programme du Millenium Chalenge Corporation MCC et des travaux de barrage de Kandadji ;

-la consolidation des réformes économiques et financières.

« Sur la base de ces hypothèses la croissance économiques nationale s’établirait à 6,0% en 2020 ,5,6% en 2021 et 11,9% en 2022 soit une moyenne de 7,8% sur la période 2020-2022 » a jouté le Ministre.

Notons que l’année 2020 consacrera également le début de la mise en œuvre effective de la Stratégie Nationale de Finance Inclusive Révisée.

Mina Abda (Stagiaire) pour Niameyinfo.

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