Fadji Zaouna Maïna, la première hydrologue nigérienne à la NASA réagit aux inondations à Niamey

Quand on parle d’eau, d’inondations, Fadji Zaouna Maïna sait de quoi elle parle. Doctorante en hydrologie qui se veut l’étude du cycle de l’eau et de ses échanges  entre l’atmosphère, la surface terrestre et son sous-sol, la jeune scientifique nigérienne qui a récemment intégré la prestigieuse NASA, n’a pas manqué de réagir aux intempéries qui ont mis une bonne partie de la capitale nigérienne sous les eaux avec son lot de sinistrés et de dégâts humains et matériels. Elle appelle à une prise de conscience de la gravité de la situation dès maintenant et invite à la mise en place de mesures pour bâtir un environnement résilient.

Depuis le 27 août dernier et son intégration à la NASA, Fadji Zaouna Maïna fait la une de tous les journaux dans son pays et à l’étranger. Agée de 29 ans, elle est la première Nigérienne à rejoindre l’agence aérospatiale américaine.  Mais malgré les milliers de kilomètres la séparant de son pays, Fadji Zaouna Maïna conserve toujours un lien. Elle travaille précisément avec une ONG locale, OASIS, qui intervient dans les domaines de l’éducation et de l’émancipation des femmes. Elle épaule également de jeunes scientifiques de l’université de Niamey dans leurs travaux.

C’est donc à juste titre que la scientifique a réagi aux récentes inondations qui ont frappé de nombreuses localités du Niger particulièrement la capitale avec la cession de la digue contenant jusque-là, le fleuve situé à quelques encablures de l’Université dont une partie est atteinte par les inondations. Fadji Zaouna Maïna n’est point restée indifférente face aux ravages de l’eau dans la ville de Niamey, avec un bilan de 57 morts et environ 300 000 sinistrés à la date du 7 septembre. L’hydrologue prévient : « ces inondations qui sont aujourd’hui exceptionnelles pourraient être la norme dans le futur déclare-t-elle et de poursuivre : « Nous devrions bâtir un environnement résilient en tenant compte des interactions entre le climat, la population et l’environnement » explique la jeune scientifique. Elle appelle ainsi à la prise de mesures idoines pour éviter qu’à l’avenir Niamey ou toute autre ville du Niger ne se retrouve dans la situation actuelle. Un changement auquel la native de Zinder contribuera sûrement. Revenons donc sur le parcours de celle qui aujourd’hui fait la fierté de tout un pays

Une ascension qui fait d’elle un modèle.

A seulement 29 ans, Fadji Zaouna Maïna, est en effet la première scientifique nigérienne à intégrer la très prestigieuse agence aérospatiale américaine, la National Aeronautics and Space Administration (Nasa) aux États-Unis, accomplissant selon ses dires, un rêve d’enfant tout en devenant une pionnière  nationale.

Depuis son adhésion à l’agence spatiale américaine, le 27 août dernier, Fadji Zaouna Maïna  reçoit des félicitations de toutes parts. La jeune scientifique qui fait la fierté de tout le Niger aujourd’hui, a même été appelée le 2 septembre dernier par  le Chef de l’Etat nigérien, Mahamadou Issoufou, afin de la féliciter pour son brillant parcours et lui dire, aussi, qu’elle était dès lors une « fierté nationale qui doit servir de modèle à la jeunesse nigérienne ».

Fadji Zaouna Maïna a su se démarquer en travaillant fort et en repoussant ses limites, elle sait parfaitement ce qu’elle représente. « J’ai repoussé les limites, j’ai rendu cela possible et j’ai rendu tout un pays fier, a-t-elle réagi. Les chances pour une fille comme moi, née et élevée à Zinder, de devenir scientifique dans une institution comme la NASA sont presque nulles. », Réalisant ainsi un rêve d’enfant tout en devenant un modèle national.

 La scientifique zinderoise a voulu intégrer dès son tendre enfance l’agence aérospatiale américaine, ce qui n’a toujours pas été aisé « Depuis toute petite, j’ai toujours voulu travailler à la NASA. Seulement, quand on naît à Zinder, on n’a pas forcément accès à l’information, comme c’est le cas à Niamey. J’avais donc ce rêve, mais je ne savais pas par quoi commencer, ni quel chemin prendre pour le réaliser », explique Fadji Zaouna Maïna.

Corrélativement, la jeune scientifique s’engage dans l’univers politique. Fadji Zaouna Maïna a été élue députée junior au sein de l’Assemblée nationale des jeunes du Niger, elle devient la défenseuse de l’éducation et de l’autonomisation des filles. C’est particulièrement « pour participer à l’amélioration des conditions d’accès à l’eau potable au Niger » qu’elle choisit la filière hydrologie pour ses études. Après une licence obtenue à l’université de Fès, au Maroc, elle poursuit ses études en France, à l’université de Strasbourg. Elle y obtiendra son doctorat en hydrologie. Elle travaille ensuite dans plusieurs fascinants laboratoires, notamment au sein du Commissariat aux énergies alternatives et à l’énergie atomique (CEA), avant de rejoindre la division des Géosciences de l’énergie de l’université de Berkeley, aux États-Unis. Fadji Zaouna Maïna figure dans le prestigieux classement Forbes 2019 des 20 scientifiques de moins de 30 ans aux projets de recherche les plus ambitieux, grâce à ses travaux sur l’impact combiné du changement climatique et de la pollution sur la ressource en eau. C’est en novembre 2019 que Fadji est découverte par des dénicheurs de talent de la Nasa.

A la National Aéronautics and Space Administration,la jeune fierté du Niger fait partie maintenant avec l’équipe qui travaille notamment sur les données du satellite GRACE (Gravity Recovery Climate Experiment). « J’essaierai de mieux comprendre le cycle de l’eau et l’évolution des ressources en eau dans le contexte du changement climatique en utilisant des modèles mathématiques et les données des satellites de la Nasa », explique la scientifique.

Des travaux dont son pays, le Niger un pays sahélien où la problématique de l’eau est récurrente pourrait bénéficier.

Waliyullah Tajudeen & Fatouma Akiné pour niameyinfo.

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