Culture : la plasticienne Fatouma Akiné fait le lien entre les « Forêts claires et les Forêts obscures » 


Pour lancer sa saison 2019, le Centre Culturel Franco-Nigérien (CCFN)-Jean Rouch de Niamey a misé sur la jeunesse, la femme et le mysticisme. Un cocktail détonant qui représente parfaitement l’artiste plasticienne Fatouma Akiné qui était à l’affiche avec son exposition « Forêts Claires-Forêts Obscures » qui a fait l’objet d’un vernissage le mercredi 23 janvier 2019.

Il fallait avoir le cœur bien accroché pour suivre la jeune artiste dans son univers. Dans un hall d’exposition du CCFN sombre uniquement éclairé par des bougies, entre les calebasses contenant des objets hétéroclites se rapportant à l’animisme, des masques et tableaux aux personnages plus terrifiants les uns que les autres et la danse transe, qui a donné le ton au vernissage, Fatouma Akiné casse les codes et plonge son public en plein dans les temps immémoriaux où les rites et croyances africaines, retrouvent toute leur essence.

Le public qui pour cette première grande exposition de l’année a fait nombreux le déplacement, a suivi sa performance dans un silence sépulcral et était par occasion parcouru de frissons.

 Pour l’artiste, ce mélange de crainte et de répulsion face à l’animisme n’a vraiment pas lieu d’être. « Si j’ai décidé d’aborder ce thème, c’est parce que j’ai remarqué que les gens se cachent derrière des apparences. Ils disent qu’ils ne font pas recours à certaines pratiques, mais en réalité, ils le font dans une grande ampleur. Alors je me dis pourquoi le cacher ? Qu’ils assument leurs actes. C’est pourquoi j’ai décidé de briser cette règle même si c’est un tabou », confie-t-elle.

Même son de cloche chez le premier responsable du CCFN, Olivier Lange qui ne trouve aucune contradiction à faire un lien entre l’art traditionnel africain et celui contemporain. Il salue en outre le travail de la jeune artiste nigérienne de 23 ans qu’il crédite « d’un très grand potentiel ».

Fatouma Akiné pour réaliser ses œuvres est allée à la source, auprès de sages en pays Malien notamment. Un retour aux sources qu’elle juge indispensable tout comme le mixage de différents courants artistiques. « J’aime bien voir tous les arts mélangés, je pense que quand les artistes sont unis, ça ne peut donner que du beau », confie-t-elle avec le sourire.

L’exposition se poursuit jusqu’au 28 janvier prochain

Waliyullah.T. pour Niameyinfo

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