Climat des affaires délétère: l’équipementier Belge ESN Sarl ferme à son tour boutique

Plus rien ne va pour les entreprises étrangères au Niger. La liste de celles qui déposent le bilan s’allonge. Après la retentissante fermeture de la Braniger du groupe français Castel, le dépôt de bilan du néerlando-britannique Unilever et les rumeurs de cession de l’opérateur téléphonique Orange Niger, c’est au tour de la filiale du groupe belge BIA, d’annoncer sa fermeture prochaine.  

L’entreprise belge Equipements & Services Niamey (ESN S.a.r.l), filiale de BIA Group ; n’opèrera plus à partir du Niger. Installée depuis 2009 dans le pays, elle est spécialisée dans la fourniture d’engins miniers, de pièces de rechange et de groupes électrogènes. Une note interne datée du 10 juillet dernier et signée de la Direction Générale, confirme l’information et la justifie par « l’environnement économique difficile auquel elle est confrontée, comme beaucoup d’autres entreprises au Niger », et « ses résultats en 2018 ainsi que ses prévisions sur 2019, qui ne sont pas en ligne avec ses objectifs budgétaires ». Pour ne rien arranger explique ESN Sarl, « certains secteurs économiques, clients traditionnels de ses équipements, sont également en veille ou en réduction d’activité ».  

Le courrier adressé à ses partenaires et fournisseurs, informe que désormais c’est la filiale de BIA Group à Ouagadougou au Burkina-Faso, qui apportera un support technique à ses opérations au Niger.

Ce nouveau dépôt de bilan d’une entreprise étrangère, intervient alors même que les autorités nigériennes s’étaient engagées à améliorer considérablement le climat des affaires en vue d’attirer de nouveaux investisseurs. En effet le rapport Doing Business 2019 de la Banque Mondiale, rendu public le 31 octobre 2018, classait le Niger à la 143ème place sur les 190 meilleures économies dans le monde. Un gain d’une place qui pourtant n’avait pas été du goût du pouvoir de Niamey. En avril dernier au sortir d’une réunion du dispositif de suivi et de mise en œuvre de la politique d’amélioration du climat des affaires au Niger, le ministre-conseiller spécial du président de la République en matière du climat des affaires, Alma Oumarou, avait estimé que « le Niger n’est pas jugé sur ses performances réelles ».

M. Oumarou a annoncé dans la foulée que de nombreuses mesures étaient en cours d’application avec pour ambition de faire grimper le Niger dans le top 50 des pays les plus réformateurs. Pour l’heure, on est bien loin de l’atteinte de cet objectif et les départs successifs d’entreprises étrangères, ne vont pas rassurés de nouveaux investisseurs.

Waliyullah Tajudeen pour Niameyinfo.

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