Arnaques en tous genres et blanchiment d’argent : quand la Covid-19 inspire les criminels

Après une période d’accalmie, la pandémie de la COVID-19 reprend du poil de la bête à travers le monde. L’Afrique si elle a jusqu’ici été relativement épargnée, n’en subit pas moins les effets néfastes de la propagation du virus sur son économie. Si les experts et autres économistes s’inquiètent pour leur part du recul des indices de développement, les populations elles, déjà fortement impactées par les répercussions de la pandémie, doivent également faire face à des individus mal intentionnés qui se servent de la Covid-19 pour mettre en place des arnaques et autres fraudes financières de tout genre. C’est dans ce contexte qu’une session de formation régionale virtuelle à l’intention des journalistes sur les crimes économiques et financiers en Afrique de l’Ouest a été ouverte ce mardi 29 septembre 2020 par vidéoconférence.

La pandémie COVID-19 s’est accompagnée de défis, de souffrances humaines et de troubles économiques sans précédent dans le monde entier. Des criminels profitent de la pandémie de covid-19  pour perpétrer des fraudes financières et des escroqueries, notamment en faisant la promotion et du trafic de médicaments de contrefaçon, en proposant des opportunités d’investissements frauduleuses et en utilisant des techniques d’hameçonnage exploitant les craintes suscités par le virus.« Les criminels exploitent les vulnérabilités émergentes pour poursuivre leurs activités illicites. De façon particulière, les criminels et terroristes exploitent la pandémie de la COVID-19 et le ralentissement économique y associé pour se lancer dans de nouvelles activités à forte intensité de cash dans les pays en développement afin de blanchir le produit du crime et de financer leurs opérations » a déploré Kimelabalou ABA, Directeur général du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent (GIABA) en Afrique de l’Ouest

Selon Dr Bruno Nduka, directeur de l’évaluation et de la conformité du GIABA « l’objectif principal du présent programme vise à renforcer les capacités des professionnels des médias dans le reportage des crimes transnationaux organisés, particulièrement le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, et de fournir un cadre permettant aux participants de partager leurs expériences et de favoriser la coopération et la collaboration pour une mise en œuvre efficace des mesures de LBC/CFT ». Il a aussi rappelé que « la société civile et les médias demeurent nos alliés stratégiques et redoutables dans la mise en œuvre de mesures efficaces contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme ».

Pour faire face au fléau, M. ABA a rappelé l’engagement pris depuis dix ans par le GIABA de donner la priorité à l’implication d’acteurs non traditionnels dont les médias. C’est à ce titre qu’il a justifié la traditionnelle formation à l’endroit des acteurs qui s’est déroulé ces 29 et 30 septembre 2020 par visio-conférence en raison des contraintes imposées par la Covid-19.

La covid-19 est une pandémie qui a dépassé le cadre d’une crise sanitaire, c’est à présent  une crise mondiale pour le développement qui affecte de manière significative les équilibres macroéconomiques, les entreprises et les moyens de subsistances des populations. Ces dernières font déjà face à la montée vertigineuse des prix des produits de première nécessité. En raison de la fermeture des frontières, les commerçants et autres vendeurs s’en donnent à cœur joie et augmentent abusivement leurs prix. Une fois outillés par le GIABA, les  hommes et femmes des médias devront à leur tour jouer leur rôle de sensibilisateurs à l’endroit de ses différentes couches de la population.

Fatouma Akiné pour niameyinfo.

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