Après la fermeture de ses frontières, Abuja cible les étrangers sans papiers

Le 20 Aout dernier, les autorités nigérianes ont procédé à la fermeture de leurs frontières engendrant un déséquilibre économique pour les pays voisins. Comme si cela ne suffisait pas, Abuja entame l’expulsion des étrangers sans titre de séjour vivant sur son territoire.

Ces personnes étrangères, pour la plupart des africains qui vivent au Nigeria depuis plusieurs années vont voir leurs activités économiques prendre un sérieux coup d’ici le 13 janvier 2020. C’est la fin d’un ultimatum de 6 mois accordé par les autorités locales afin que les étrangers en situation irrégulière se régularise. Passé celui-ci, la République fédérale procédera à l’expulsion systématique des étrangers dans une situation d’irrégularité et cela sans tentative de prolongation, a annoncé le service chargé de délivrer les documents appropriés. Des sanctions judiciaires allant jusqu’à des peines d’emprisonnement seront prononcées contre les contrevenants.

Une partie importante des étrangers qui seront touchées par cette opération de rapatriement sont principalement des milliers de ressortissants nigériens et béninois. Déjà touchées par la fermeture des frontières, ces personnes risquent d’abandonner des années de réalisations et travail pour regagner leurs pays.

Abuja précise que les étrangers sans documents de séjour pour se mettre en règle doivent se rendre au service de l’immigration, munis d’un passeport en cours de validité et contenant un cachet d’entrée sur le territoire nigérian. La carte de séjour délivrée est alors authentifiée, par un cachet, avec mention de la durée du séjour sur le sol nigérian. Elles sont les deux seules pièces primordiales qui justifient que l’étranger est en règle.

Cette situation qui risque de prendre une autre tournure à inciter les autorités béninoises à prendre des mesures appropriées lors d’un Conseil des ministres le 6 novembre dernier pour soustraire ses ressortissants de cette opération d’expulsion.  Au rang de ces mesures : l’inscription au Registre national de la population et l’établissement de la carte nationale d’identité aux normes de la CEDEAO. Ce recensement est également l’opportunité de régulariser la situation de ceux qui n’ont pas d’acte de naissance. En espérant que cela suffise à apaiser les autorités nigérianes qui visiblement ont décidé d’en découdre avec leurs voisins.

Almoustapha Danguida pour Niameyinfo.

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