Alpha, un des plus grands peintre-dessinateurs du Niger reprend le pinceau

Vous n’avez peut-être jamais entendu son nom, mais sans aucun doute, vos regards se sont une fois posés sur une de ces œuvres. Il a en effet travaillé avec les plus grands, sinon le plus grand styliste que connait le Niger, Alphadi et a, avec sa plume contribué au rayonnement du festival International de la Mode Africaine (FIMA). Son nom, c’est Ali Maliki Alpha, 54 ans, peintre-dessinateur de son état qui après, tenez-vous bien, 18 années de pause, a décidé de revenir au-devant de la scène pour dépoussiérer le monde du dessin local et lui redonner des couleurs. Niameyinfo est pour vous, allez à sa découverte.

Ne vous fiez pas à son âge, c’est un « jeune homme », alerte et à l’œil vif  et la tête plein de projets, que nous avons rencontré un après-midi dans son atelier, son univers comme il aime l’appeler. Un bric-à-brac où lui seul se retrouve. Des pots de peintures posés çà et là, des pinceaux à tous les coins et des tableaux pleins les murs à ne savoir où poser son regard. C’est dans cet espace qui n’a recommencé qu’à revivre il y a seulement quelques mois, que Ali Maliki Alpha, nous relate comment il a été piqué par le virus du dessin. S’il a commencé par la musique en jouant de la guitare dans le groupe musical traditionnel du feu Saadou Bori, « Alpha » fini par se rendre à l’évidence, c’est le pinceau qu’il savait manier le plus. « La peinture, c’est ce qu’il se fait le mieux au monde », nous confie l’artiste qui dit avoir fait ses gammes sans aucune formation particulière, rien qu’en observant son frère ainé, dessinateur.

Le FIMA, la rampe de lancement, mais aussi le point d’arrêt

Autodidacte, le jeune Maliki se perfectionne tout seul et multiplie les esquisses. Nous sommes alors dans les années 1980  et comme on le dit, c’est en forgeant que l’on devient forgeron. Il améliore son coup de pinceau et acquiert un style propre à lui. C’est sur ces entre-faits et à force de persévérance, qui’il rencontre dans les années 1990, Alphadi.  Ce dernier, styliste déjà reconnu à travers le monde veut lancer son premier festival de mode à l’échelle continentale.  Le jeune « Alpha » a activement participé à l’organisation du FIMA 1999 et évoque encore cette époque avec nostalgie mais beaucoup de fierté. Celui d’avoir été aux premières heures, de ce qui est de nos jours une des meilleures vitrines du Niger, à travers le monde, le FIMA. Mais tout d’un coup, alors que le monde des arts lui tendait le bras, Ali Maliki  Alpha, arrête tout. Il ne s’explique toujours pas cette décision : « J’ai cessé il y a 18 ans après le premier festival FIMA de l’artiste styliste Alphadi, nous sommes des collaborateurs car il m’arrivait de lui présenter mes œuvres et de les exposer dans sa galerie. Honnêtement j’étais sur la bonne voie, d’un coup j’ai stoppé sans savoir pourquoi », explique-t-il.

Le regard tourné vers l’avenir

Mais trêve de passé, parlons du présent. Du haut de ses 54 ans et 18 ans après avoir mis sa passion sous éteignoir, « Alpha » ambitionne encore de  conquérir le monde : « mon objectif, c’est d’être connu ici au Niger et dans les 4 coins du monde en art ». Pour cela, le peintre-dessinateur s’est spécialisée dans le portait de personnalités publiques. Des œuvres très réalistes qui lui valent de nombreux commentaires dithyrambiques.  Du Chef de L’Etat, Issoufou Mahamadou aux  First ladies en passant par le Premier Ministre et d’autres personnalités, tous ont été croqué par la plume de « Alpha ». « C’est un métier très complexe car ça requiert énormément d’attention, de temps et du don de soi, certes il y’a plusieurs peintres en ville mais je vois déjà que c’est terrain quasiment vide et la demande y est. Du coup je me suis dit pourquoi ne pas refaire surface et vendre mes talents pour ceux qui peuvent en avoir besoin ».

Disposant d’un espace où sont exposées ses réalisations, l’artiste veut les faire voir au grand public, envisage un vernissage très prochainement.      

Ali Maliki Alpha n’entend pas en rester là, et se voit bien représenter le Niger à des festivals internationaux.  Bon vent à l’artiste.

Almoustapha Danguida pour Niameyinfo.

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