Gestion des ordures dans la ville de Niamey : le mythe de Sisyphe

La gestion des déchets urbains est une problématique environnementale majeure qui touche toutes les capitales africaines. Niamey, la capitale du Niger n’y échappe pas. Si un système de gestion des déchets impliquant plusieurs acteurs (ménages, points de collectes, grands dépotoirs), est bien mis en place dans la capitale nigérienne, force est de constater que celui-ci connait des défaillances. D’où la naissance de dépotoirs sauvages un peu partout dans la ville de Niamey créant un véritable problème environnemental et de santé publique.

Niamey, vue côté face

C’est indéniable, la ville de Niamey change de visage depuis quelques mois. A la faveur de la Conférence des Chefs d’Etats de l’Union Africaine qu’abrite la capitale nigérienne en juillet prochain, la ville connait une mutation qui à terme, n’aura rien à envier aux autres capitales de la sous-région. Des centaines de milliards ont été mobilisés pour faire de la ville hôte de la rencontre panafricaine, une ville moderne. Des infrastructures routières sont construites, des établissements hôteliers sortent de terre ainsi que d’autres aménagements qui visent à embellir Niamey.

La Municipalité de la ville de Niamey n’est pas du reste notamment avec son programme Niamey Nyala. Dans l’optique du 33ème Sommet de l’UA, un budget de 31 milliards a été établi. Celui devrait servir à embellir et assainir la capitale nigérienne. Du moins, la partie que l’on veut montrer aux participants à la conférence continentale. Le Niamey avec de beaux immeubles, des hôtels luxueux, des espaces verts et des routes bien tracées et propres.  Ces derniers mois de nombreux efforts ont été faits pour lutter contre l’insalubrité. Mais il suffit de gratter un peu la surface pour se rendre compte que derrière cette vitrine, il y a un autre Niamey. Celui ou des détritus jonchent encore les rues ou des dépotoirs à ciels ouverts sont légions.

L’envers du décor…

La Ville de Niamey est divisée en deux par le fleuve Niger. Divisée en cinq communes, la capitale est composée en tout de 148 quartiers dont 141 sur la rive gauche et 7 sur la rive droite. Sa population est estimée en 2018 à 1 565 056 habitants repartie dans un peu plus de 200 000 ménages selon les projections du RGP/H 2012. Selon un rapport produit en 2013 dans la cadre de la cadre de la journée d’information et de sensibilisation sur la gestion des déchets urbains, la production moyenne d’ordures ménagères est évaluée à 0,75kg par jour et par habitant, la ville produit environ 1000 tonnes de déchets solides par jour, soit 7 000 tonnes par semaine. Ces déchets sont issus des ménages, des artisans, des commerces, des administrations, etc…). On s’imagine qu’en 2019, ces chiffres ont connu une nette évolution. Déjà à l’époque, le constat avait été fait de l’insalubrité grandissante dans la ville de Niamey du fait d’une gestion défaillante des déchets urbains. Six ans plus tard, rien ou presque n’a changé.

Officiellement deux grandes décharges desservent la capitale nigérienne. Celles de Koubia et de Niamey 2000. Selon le système de collecte mis en place, les ménages et autres producteurs de déchets sont sensés les convoyés eux-mêmes ou pour leur compte par des prestataires de services de pré-collecte vers les points de collectes, des conteneurs notamment installés dans les quartiers et des dépôts officiels non aménagés crées en concertation avec les Chefs de quartiers pour pallier l’insuffisance de conteneurs. Ce n’est qu’après remplissage que la municipalité se charge du ramassage et du convoiement vers les dépotoirs finaux. Mais le constat est que moins de 50% des quartiers sont couverts par ce système de collecte et les déchets entreposés ne sont pas régulièrement évacués. Les raisons : l’absence de suivi et de contrôle ; l’insuffisance de moyens matériels (conteneurs, véhicules, infrastructures) ; l’insuffisance de moyens humains (ressources et compétences).    

Conséquence, des dépotoirs sauvages naissent çà et là. C’est le cas de celui qui s’est créé aux abords du Boulevard Tanimoun le long de la ceinture verte. En guise de verdure, des ordures à perte de vue s’étendant sur des kilomètres. Tous les ménages environnants viennent directement déverser leurs déchets sur cette décharge à ciel ouvert. Qui avec une brouette, qui avec un carton, des sachets, ou autres seaux, on ne s’embarrasse pas de protocole, faute d’alternatives. « Nous sommes bien obligés de verser nos ordures ici, parce qu’on n’a pas d’autres endroits pour le faire. Je ne saurais vous dire s’il y une benne à ordures dans ce secteur, personnellement je n’en ai jamais vu. C’est la Mairie qui doit les installer et communiquer sur leur positionnement, mais on ne nous dit rien, donc on se débrouille », nous confie Ayouba, un riverain. A l’instar de ce dépotoir sauvage, de nombreux autres se sont créés dans la ville de Niamey avec son lot de désagréments : des montagnes d’ordures malodorantes désastreuses pour l’environnement, génératrices de risques d’incendie, de prolifération d’agents pathogènes et un mauvais entreposage aboutissant à une sous-utilisation de l’espace. Il n’est pas rare de voir des enfants sans aucune protection et même des adultes sur ces détritus à la recherche d’objets divers.

Un manque criard de sensibilisation

Comme on le constate, l’une des difficultés dans la gestion des déchets urbains, est l’insuffisance de moyens au niveau des services municipaux, mais aussi un défaut de communication. En effet, en guise d’exemple, la majeure partie de la population semble ignorée le rôle des conteneurs dans certains quartiers et continue à déposer les ordures à même le sol, à côté du conteneur plutôt qu’à l’intérieur du bac. D’où le diagnostic fait par Ibrahim Oumar, responsable d’une ONG œuvrant dans l’assainissement : « la non implication des populations dans le processus de gestion des déchets est l’un des moteurs de l’insalubrité grandissante dans la ville de Niamey. Les populations ne sont pas sensibilisées et on veut qu’elles y adhèrent. Si des actions ponctuelles de salubrité sont menées et qu’ont y associe les populations sans mettre l’accent sur la sensibilisation, dès que les agents municipaux ont le dos tourné, elles reprendront leur mauvaise habitude de jeter les ordures n’importe comment », confie-t-il. « Le maître-mot devrait être la sensibilisation, et c’est cela qui fait défaut. Toutes les politiques d’assainissements sont vouées à l’échec tant que l’implication des populations ne sera pas mise en priorité » ajoute-t-il. C’est ce qui fait que dès qu’une opération de salubrité est menée dans une localité, un autre dépotoir nait aussitôt ailleurs. Ca ne finira jamais. Une autre limite selon lui, est la non prise en compte des propositions faites par les ONG et autres acteurs du secteur lors de réunions ou autres journées d’information « on nous demande notre contribution pour améliorer la gestion des déchets urbains, nous produisons des documents bien détaillés qui finissent dans les tiroirs. Il semble que le plus important c’est que la manne des partenaires tombe qu’on fasse un peu de saupoudrage et qu’elle soit utilisée à d’autres fins », déplore M. Oumar qui soutient pourtant que les déchets sont potentiellement pourvoyeurs d’emplois.

Les ordures, une mine d’or non exploitée

La valorisation des Déchets ménagers solides, c’est bien possible dans la Commune Urbaine de Niamey. La gestion des déchets est l’un des domaines ou la matière première ne manque pas. Ce qu’il faudra, c’est formé des agents de toute la chaîne pour en faire une activité véritablement rentable. Que ce soit au niveau de la pré collecte pour l’enlèvement des déchets au niveau des producteurs et en aval pour leur traitement. Après le tri, la vente de matériaux recyclables en l’état (métal) ; la transformation des matières organiques biodégradables, la fabrication de parpaings et autres matériels avec les sachets plastiques, sont autant de pistes à explorer. Si certaines initiatives privées ou des ONG vont dans ce sens, une politique de revalorisation des Déchets ménagers solides à grande échelle serait la bienvenue. Mais il semble qu’au niveau de la municipalité, ça balbutie encore. Notons que nos tentatives pour pour rencontrer, les responsables en charge de l’assainissement au niveau de la ville de Niamey, se sont révélés infructueuses.

Les prévisions sont pourtant loin d’être rassurantes. Dans une société où tout se jette, les déchets sont un enjeu qui touche à la santé des individus et à leurs moyens de subsistance, mais aussi à l’environnement et à la prospérité économique. Selon un rapport de la Banque mondiale intitulé « What Waste 2.0 » le monde produit 2.01 milliards de tonnes de déchets urbains solides par an dont au moins 33% ne sont pas traités correctement c’est-à-dire, dans le respect de l’environnement. D’après ce rapport la production de déchets sera multipliée par trois en Afrique subsaharienne et par deux en Asie du Sud et que ces deux régions représenteront 35% des déchets produits sur la planète en 2050.  On peut aisément extrapoler et dire que les déchets urbains dans la ville de Niamey seront multipliés par trois voire plus d’ici quelques années. Il y a donc urgence à moins qu’on veuille avoir au pied des beaux immeubles des tas d’ordures.

Waliyullah Tajudeen pour Niameyinfo.

 problème des déchets est un problème environnemental majeur exigeant une attention très particulière. Or, comme l’a signalé Topanou (2012), le problème des déchets, bien qu’universel, ne revêt pas la même acuité dans toutes les régions du globe.

La gestion des déchets dans la ville Dschang comme dans toutes les villes du Cameroun, est déficiente malgré les efforts fait par la communauté urbaine pour les endiguer. En effet la communauté urbaine de Dschang a mis sur pied : La création d’une décharge contrôlée sur un versant à Siteu ; La construction des bacs de décharge provisoire des ordures dans la plupart des carrefours ; Les systèmes de collecte à l’aide d’un tricycle muni du chauffeur des déchets produits par maison ; La valorisation des ordures ménagers pour le compostage.

Concernant les sites de décharge provisoire, les bacs construits à base des matières premières qui pour la plupart sont importés présentent comme limites : le facteur durabilité car, étant exposé aux intempéries, ils sont rapidement dégradés ; la deuxième limite est liée au fait que la majeure partie de la population semble ignorée le rôle de ces bacs dans certains quartiers et continue à déposer les ordures à même le sol, à côté du bac plutôt qu’à l’intérieur du bac. Ainsi, les bacs conçu pour contenir les déchets sont très souvent vide. Ceux qui sont utilisés connaissent le plus souvent le problème de saturation à cause de la lenteur du service de collecte dont le passage est réduit à une collecte par semaine. Quant-au système de collecte à domicile, il s’avère insuffisant dans la mesure où le service de ramassage ne passe que deux fois par semaines. Dans le cas du quartier Paidground, le service de collecte passe le mardi et vendredi ; or entre ces deux jours les tas d’immondices accumulés génèrent les mouches nuisibles à l’homme. Les conséquences sont notamment : l’enlaidissement de la ville ; la pollution des sols, eaux supergènes et de l’atmosphère ; inondations en saisons de crue ; maladies diverses.

Proposition de solutions :

Dans l’optique de proposer des meilleures solutions au problème des déchets dans la ville de Dschang, la mairie en partenariat avec l’association ELANS a mis sur pied le projet de valorisation des ordures ménagers pour le compostage. C’est dans ce contexte que depuis 2006, la station de compostage située à Ngui transforme les ordures ménagères en compost. Cette solution est bonne mais parait insuffisante au vue de la quantité de déchets produits par les populations. Le constat fait dans cette station est l’absence de barrière de protection des différents niveaux de sols sous-jacents contre l’infiltration des lixiviats issus des déchets. Au fur et à mesure du compostage, il y a perte de certains éléments qui s’infiltrent dans le sol ou sont transportés par les eaux de ruissellement constituant ainsi des potentiels dangers pour la population.

Toutefois, une autre solution serait l’extraction à coût bas des biogaz de ces déchets. En effet, la ville de Dschang bénéficie d’une grande richesse en ressources naturelles latéritiques qui pourrait non seulement servir dans l’endiguement des déchets, mais aussi à l’extraction des biogaz. A l’heure où tous les regards sont tournés vers l’émergence et la protection de l’environnement, les latérites constituent ici une solution économique, écologique et durable dans la gestion des déchets…

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